lundi 29 septembre 2014

Sygne

Quand je suis arrivée, tu avais dégusté la veille auprès de la boite à fessées, tellement que à moins de 5 mètres du van, tu ne voulais même pas manger de granulés. 

Je t'ai montré un nouveau jeu, tu touches, tu gagnes. Ça t'a rapidement plu même si tu étais toujours sur la réserve, la peur de faire une bêtise? En fin de soirée, tu voulais bien toucher le pont avec ton nez, et tu acceptais une friandise d'une humaine dans une boite.  Et tu étais rincé, alors je t'ai remis au box avec une grosse poignée de pommes en morceaux.

Le lendemain matin tu semblais content de me voir. On y a passé 15 minutes clé en main, et tu as compris que j'attendais de toi que tu lèves un antérieur, même si tu ne te sentais pas le courage de reposer le pied sur le pont. 

Le soir, tu avais tout retenu, un antérieur, et puis deux, et puis tu as sauté à pieds joints avec les postérieurs sur le pont. Brave garçon, j'étais très fière de toi! 

On a traversé le van qui avait un pont avant, et là, j'ai un peu merdé, je n'aurai pas du te laisser sortir en toute vitesse, patate que tu es, tu t'es plus fait peur qu'autre chose. 
La soirée avançait, tu étais sensé être livré dans ton nouveau club depuis jeudi, on a décidé de faire une dernière tentative, et de fermer avec la longe derrière, un peu en traître. Cette petite tricherie marche avec beaucoup de chevaux, mais toi, en plus d'être hyper introverti, tu étais hyper sensible, et tu n'as pas supporté le contact de la longe et tu as rué, et tu as tiré, et tu es sorti ; tremblant. 
Je t'ai un peu désensibilisé à la longe, tu as vite compris, j'ai été quiche de ne pas te l'avoir montré avant. On est retourné au pont, tu as courageusement remis un antérieur sur le pont, et je t'ai rentré au box, avec une belle poignée de granulés, j'étais un peu piteuse. 

Je suis donc revenue à 8h le lendemain, et tu n'avais rien oublié, le meilleur et le pire, tu m'as accueillie comme la veille avec un brrr brrr qui fait plaisir. Face au van, tu t'énerves un peu, tu doutes, cheval échaudé craint l'eau encore chaude, on n'était pas prêt de partir. 
Je demande qu'on mette le van deux place sans bas flancs à la porte de l'écurie des poneys où tu n'es jamais allé, je t'y emmène, tu me suis un peu douteux, beaucoup inquiet. Je t'abandonne car il faut manœuvrer le van. On descend le pont, je viens te chercher, on va vers la sortie, tu es tellement contente de sortir de cette écurie sombre si peu accueillante, tu me suis gaillardement, on ferme le pont derrière toi. Je t'ai encore trompé, et cette fois tu pars dans ce club qui t'aurait acheté, et qui, au grand dam de C. ne te propose pas un avenir radieux. 

Trottou in the box, le van s'en va et je te regarde partir. 

Le cœur serré, je me sens un peu merdeuse. Oui de toutes façons tu allais partir, de toutes façons là-bas tu auras à manger et à boire, et surement même des ados pour s'occuper de toi. Mais je t'ai ouvert une porte, je t'ai dit fais moi confiance, tu m'as fait confiance, et on a fermé le pont derrière toi.

3 commentaires:

cowgirl de la combe a dit…

Arf ! les cotés un peu frustrant de ce genre de "mission" :(

suzanne a dit…

bouh… c'est une des parties tristes des voies qu'on s'est choisies… moi aussi je suis bien triste pour certains chiens que je vois repartir du cours gratos avec leurs maîtres et ne jamais revenir, alors qu'ils étaient sympas et pleins de potentiel, et ne demandaient qu'une meilleure relation avec leurs maîtres…

zaude a dit…

En fait maintenant je me dis que je ne veux pas accepter des situations qui éthiquement ne font pas sens du tout pour moi. Je n'ai pas besoin d'en vivre, alors je crois que je vais prendre ce luxe...!