mardi 23 août 2016

L'immobilité au montoir

Petite vidéo avec Nevada sur le travail de l'immobilité au montoir. La difficulté dans cet exercice c'est de ne pas récompenser quand le cheval ne fait pas totalement ce que le cavalier attend de lui. 

En début de séance, je fais un simulacre de montoir : je monte, puis je redescends. 

Nevada se tient bien immobile quand je monte, mais elle bouge quand je redescends. Possiblement par ce que j'ai cliqué l'immobilité quand je monte et que donc elle veut sa récompense, elle pense que le mouvement est fini. Il y a plusieurs façons de faire du clicker, pour ma part je souhaite pouvoir cliquer plusieurs fois avant de récompenser et le clic n'est donc pas, en général, un signal de fin du comportement. Elle connaît très bien le multi clic sur l'exercice de la statue par exemple.

Comme Nevada n'a pas produit un comportement qui correspondait à mon attente, je ne récompense pas et je refais une demande. Pour l'aider, je ne clique pas l'immobilité et j'attends pour qu'elle ait bien conscience que le comportement que j'attends d'elle n'est pas fini. Je reprendrai du multi clic sur cet exercice un peu plus tard. Lorsqu'au troisième essai elle fait bien, je récompense. 

Les deux essais suivant sont réussis et on peut donc penser que cette manière de faire a été efficace. Avec l'expérience, je me rends compte qu'il est vraiment important de ne pas récompenser les comportements qui n'atteignent pas le critère que l'on s'était fixé. On peut alors redemander le même comportement avec le même critère de réussite ou avec un critère de réussite moins élevé. Mais c'est au cavalier de fixer le critère de réussite et pas à son cheval!

La vidéo : 

vendredi 12 août 2016

Bien embarquer, bien voyager?

Lorsque j'ai commencé à travailler Néli pour qu'elle embarque dans le van, je pensais qu'un cheval qui embarquait bien voyageait bien, et vice et versa. Beaucoup de chevaux vivent pourtant mal leur voyage alors qu'ils embarquent facilement. Néli en est un exemple de plus. 

Depuis quelques mois, Néli embarque très facilement dans le van. Elle reste dans le van en me laissant le temps de sortir, de fermer le pont sans bouger. Dans la situation ci-dessous, le van est garé en face de son pré dans lequel Nevada (sa copine de pré) est restée seule (et s'inquiète beaucoup du coup). 


Tant que la petite porte avant du van est ouverte, elle est plutôt sereine. Lorsque l'on ferme cette petite porte, elle s'inquiète. 

Lors de la dernière séance, j'ai laissé Néli dans le van, à l'arrêt, toutes portes fermées pendant une dizaine de minutes. Néli ne se calme pas durant ces 10 minutes. Dans les deux situations, Néli dispose d'un bloc à lécher posé dans une mangeoire à l'avant du van. Régulièrement, je lui donne une poignée de grain ou de luzerne mouillée (je ne peux pas lui mettre de foin car elle y est allergique).

On peut voir les différences entre ces deux situations en comparant les 10 premières minutes de la séances dans le van où la porte est fermée et les 5 dernières où la porte est ouverte. Une première comparaison est possible par la vidéo. 

  • D'abord la vidéo de Néli lorsqu'elle est calme :
  •  Ensuite la vidéo de Néli lorsqu'elle est agitée :

Une autre comparaison plus quantitative est possible en regardant le budget temps de Néli dans ces deux situations.
Pourcentage du temps passé à "manger" ou "être agitée"
lors des deux séquences filmées

Nombre moyen de comportements exprimés par Néli
lorsqu'elle est dans le van lors des deux séquences filmées
On remarque que Néli passe beaucoup plus de temps à manger lorsque la porte est ouverte que lorsque la porte est fermée. Les hennissements, les crottins et les ronflements semblent eux aussi réservés à la situation "porte fermée". 

Dans notre cas, je pense que Néli est sereine lorsqu'elle est dans le van, dans un environnement connu, avec une porte ouverte. Quand la porte est fermée, elle n'est plus sereine. Comme je souhaite qu'elle puisse être transportée sans stress, je vais reprendre le travail à ce stade pour obtenir plus de sérénité : 
- lorsque je ferme toutes les portes
- lorsque le van est stationné ailleurs que devant son pré, porte ouverte. 

Ce sera notre programme pour cette fin août, affaire à suivre!

lundi 8 août 2016

Ethogramme de Néli dans le van

 Néli embarque désormais bien, mais je la sens toujours très inquiète lors des transports, ce qui gâche un peu le plaisir et l'envie d'aller en extérieur ou en concours. Afin de mieux comprendre ce qui l'inquiète, j'ai installé une caméra dans le van et je l'ai filmée pendant environ 40 minutes, à l'arrêt. (j'avais prévu de déplacer le van pour pouvoir comparer, mais elle était finalement trop stressée pour ça).

Je voulais voir en particulier si elle finissait par se calmer lorsque je le laissais seule enfermée dans le van qui ne bouge pas. Pour faire cette étude, j'avais besoin de définir quels comportements seraient signifiant. J'ai donc commencé par répertorier l'ensemble des comportements/attitudes notables que je pouvais observer et qui pouvaient m'aider à la comprendre.

Lorsqu'elle est à l'attache dans le van elle peut avoir différentes attitudes lorsqu'elle n'est pas calme :
  • Une attitude figée : Elle est encolure haute, l’œil un peu écarquillé, elle ne bouge pas et sa mâchoire est immobile (>3-5s)



  •  Elle regarde derrière :

  • Elle regarde dehors par une porte ou une fenêtre ouverte : 

  •  Elle est agitée

Elle peut aussi émettre différents sons :
  •  Elle peut hennir (appel, whinny) : 
  • Elle peut ronfler (snort) : 

  •  Elle peut souffler, un peu comme lorsqu'elle ronfle, mais sans faire vibrer la paroi nasale : 
  • Et elle peut aussi soupirer, c'est-à-dire inspirer et expirer de façon audible : 

Elle peut aussi avoir différents comportements tels que :
  • Déféquer

  • Mange

D'autres chevaux dans la même situation pourrait démontrer d'autres comportements comme gratter le sol ou tirer au renard. Je pense que cet éthogramme pourrait plus généralement servir à étudier l'ensemble des situations dans lesquelles le cheval est attaché ou contraint à ne pas bouger.

lundi 25 juillet 2016

La cible pour travailler le mener avec une pouliche

Maxima est une pouliche PRE de 1 an et quelques mois, assez speed et très envahissante (très proche de l'homme). Je la travaille en moyenne une demi-heure par semaine et sa proprio s'en occupe tous les jours.
Il y a environ un mois, j'ai commencé le travail à la friandise avec elle en commençant avec la statue : comme elle est très envahissante, il était important pour moi de lui apprendre à rester immobile et à attendre qu'on lui donne une friandise plutôt que de faire les poches. 
Quinze jours plus tard, elle est assez stable dans la statue, il y a encore des progrès à faire bien sur, je décide d'introduire la cible, dans l'idée de travailler le mener. Je commence en contact protégé, de l'autre côté de la barrière car c'est trop le bazar dans leur petit bout de pré avec l'autre jument. Elle comprend très bien. 

Sa propriétaire la travaille ensuite quasiment tous les jours mais dans le pré. La cible est un exercice beaucoup plus sympa que l'immobilité, elle ne travaille pas l'immobilité pendant 15 jours. 

Ce WE, je lui demande de me montrer où elles en sont. La pouliche a très bien compris qu'il fallait toucher la cible avec son nez, elle ne cherche pas à la mordre : c'est très bien. Par contre, c'est le bazar, la pouliche bouge tout le temps, tourne, pousse l'autre jument, pousse sa proprio qui lui propose sans cesse la cible malgré tout. La pouliche a bien compris la cible, mais ce n'était pas le but de l'exercice, le but de l'exercice c'était de garder la pouliche loin de soi, calme et immobile! (article à venir un jour sur "le but de l'exercice"...)

Du coup nous sommes allées dans le haut du pré où il y a un plateau pour travailler et j'ai utilisé la cible en mouvement, pour travailler le mener avec la pouliche. J'ai été surprise, elle a été top dès le début. Quelques petites erreurs, mais elle a très vite compris. Ci-dessous, une vidéo à la deuxième mini-session : 

Ensuite, j'ai voulu travailler l'immobilité et la statue. L'immobilité à l'épaule était acquise, mais dès que je bouge, elle a repris l'habitude de reculer. Donc on a travaillé une bonne dizaine de minutes sur la statue (rester immobile malgré le fait que je bouge autour d'elle), elle a compris ce que j'attendais d'elle mais c'est loin d'être acquis. Sa propriétaire doit retravailler uniquement la statue cette semaine pour que ça s'ancre bien dans sa petite tête de pouliche agitée!


Note à moi même : toujours laisser deux exercices complémentaires à travailler...

mercredi 6 juillet 2016

[Billet] De l'empathie envers les moniteurs d'équitation

Je me demande souvent comment enseigner l'empathie. Qu'est ce qui amène des gens à changer de vision sur d'autres gens? Maman me dit que seuls les échecs permettent de s'ouvrir aux autres.
Aujourd'hui je sens que j'ai senti mon jugement sur les moniteurs d'équitation glisser lorsque j'ai vu une analogie entre les moniteurs d'équitation (dont je suis potentiellement usager) et les enseignants (dont je suis potentiellement collègue, paire, ou formatrice). 


Je suis une déçue des professionnels du cheval.

Pourtant j'ai eu un bon moniteur au début, Charles-Henri, et puis après une monitrice super chouette, Chrystelle, très moderne dans sa vision et son respect du cheval.
Mais après j'ai eu Néli et j'ai écumé les écuries et les moniteurs moyens et trop sûrs d'eux. Les moniteurs qui tapent, qui ne savent pas ce qu'ils font mais qui sont dogmatiques, qui sont durs avec les cavaliers, durs avec les chevaux.
Pourtant j'ai rencontré des moniteurs professionnels, j'ai côtoyé de près des moniteurs qui tant bien que mal cherchent à faire au mieux.  Mais je continue à rouméguer sur les pros pas pros, sur les enseignants d'équitation qui n'enseignent pas. Je discutais avec M., enseignant d'équitation, ou plutôt je roumégais, et M m'oppose que lui, il les comprend : il connaît leurs difficultés, leurs contraintes, alors il les comprend et je le gonfle un peu avec mes jugements à l'emporte pièce.

Et puis j'ai pensé que moi aussi ça me gonfle les gens qui critiquent les enseignants de l'éducation nationale. Oui nos profs ne sont pas très professionnels et sont souvent fortement incompétents durant leurs premières années d'enseignement. Ils ont beaucoup de mal à gérer leurs classes dans le respect de chaque individu et des principes d'apprentissage. Mais je les comprends et j'éprouve systématiquement de l'empathie pour eux. Je connais leurs formations, je sais que le système ne leur permet pas de faire autre chose, je sais que tous essaient de faire au mieux. Et ils ne m'énervent pas, pire, j'ai beaucoup d'affection pour eux  qui essaient de faire un job pas facile. On a besoin d'eux, on les a mis devant les classes sans la préparation que l'institution aurait du leur offrir. Et puis l'enseignement, ça n'attire plus les jeunes. Alors bon.


Alors bon, je crois que j'ouvre un peu les yeux. Je comprends, ça n'excuse pas tout, mais je comprends.

dimanche 19 juin 2016

Désensibilisation au maracas



On poursuit le travail de désensibilisation de Nevada. L'an dernier, grosses grosses réactions au maracas travaillé hors du pré en renforcement négatif avec des friandises après l'arrêt de l'inconfort. Là, on a travaillé en renforcement positif mais je suis surtout impressionnée par le fait qu'elle se souvenait très bien de l'exercice :D

samedi 18 juin 2016

[billet] arrêt sur images et L214


Ce midi j'ai regardé l'émission d'arrêt sur images sur les images d'abattoir tournées par L214. Comme souvent, j'ai été impressionnée par la qualité de cette émission qui alors qu'il n'y avait comme invité que des représentant de L214 a réussi à présenter plusieurs points de vue tout en laissant réellement s'exprimer les invités.
En vrac, à chaud, quelques réflexions :
  • Ce qui se passe dans la plupart des abattages de France, c'est moche, très moche. Dans certains (les?) élevages industriels, c'est moche aussi. 
  • Il y a eu une super discussion sur ce que c'est qu'une preuve vidéo. Pour qu'un témoignage vidéo soit une preuve, il faut que sur le rush de la vidéo on voit des indications du lieu et de la date (coupure de journal du jour par exemple). Je trouve que cette discussion est très intéressante et pourrait avoir lieu en classe de sciences.
  • J'ai bien aimé le passage sur enthoven qui les critique de manière un peu stupide, ça pourrait faire un bon point de départ d'une analyse de documents sur l'esprit critique (là c'est mon côté prof qui ressort)
  • J'ai beaucoup aimé la discussion de la fin sur le combat que servent ces images. En fait, ça a fait écho pour moi à l'argumentation selon le schéma : claim, evidence, reasoning. 
    • Ici, ce qui est clair, ce sont les "evidences", les preuves. Les images tournées dans les abattoirs et dans les élevages sont les preuves. 
    • La "claim", c'est la thèse, l'opinion qui est défendue et qui doit être démontrée (ou renforcée) et ici, il y en a deux, qui ne sont pas toujours assez clairement énoncées  : (1) les animaux souffrent dans ces abattoirs, il faut améliorer les pratiques, (2) de quel droit mangeons nous et exploitons nous des animaux. Il y a ici deux combats qui sont portés en même temps. J'ai compris en regardant ces vidéos pourquoi je ne soutenais pas totalement le propos. Je soutiens le premier combat, mais pas le deuxième. 
    • Le reasoning : pour moi là c'est pas clair. Je crois justement que dans les images montrées par L214 on va directement de la preuve au réquisitoire sans passer par la case plaidoirie - raisonnement. 
  •  Toujours sur ce point d'argumentation, j'ai beaucoup aimé la comparaison des images qu'ils diffusent avec 
    • un montage avec une musique angoissante, puis calme étouça faite par un 'ami monteur'
    • un clip avec une actrice super calme qui accompagne les images
    • les images d'autres associations qui font des mises en scène un peu trash où ils se font marquer au fer rouge
      Je trouve que la comparaison des ces images est ultra intéressante pour comprendre la communication sur les sujets controversés. Dans un cas on a juste les "preuves", dans d'autres 
    J'ai trouvé ça super intéressant pour comparer l'usage qui est fait des preuves d'une part et la plus ou moins grande visibilité de l'opinion défendue et du raisonnement.
Au final je trouve que cette émission constitue un super support de formation à l'esprit critique et à l'analyse des images. Merci arrêts sur image!

jeudi 16 juin 2016

Nevada tourne en rond

Nevada a appris la longe avec moi il y a plusieurs années, en suivant un peu la méthode La Cense. En deux séances elle tournait très bien à la longe, sauf qu'elle faisait une tête de 10 pieds de long et que ça ne s'était jamais arrangé.

Aujourd'hui je vois comment retravailler son attitude en restant en longe (= lui demander de trotter fort tant qu'elle a une tête menaçante, céder récompenser quand elle se relâche d'une oreille), mais ça la met dans un état d'énervement qui je crois n'en vaut pas la chandelle.

Du coup on a repris ça en liberté, en faisant un mix de R+ et de R-. Si elle fait une tête de morue je la chasse ou je pars. Elle n'est pas obligée de rester. Dès qu'elle fait bien, je récompense clic bonbon. De cette manière les progrès ont été très impressionnant, elle commence même à se relâcher et à étendre l'encolure :)



mercredi 15 juin 2016

Désensibilisation au spray en R+

Depuis quelques mois, Néli est de nouveau un peu inquiète du spray et elle lève la tête quand je vaporise du démélant sur sa crinière. Rien de méchant, mais je me suis dit que c'était l'occasion de retravailler ça au clicker. Sur la vidéo, il s'agit de la deuxième séance, la première ayant eu lieu la veille.

En clicker on aurait tendance à travailler cet exercice en demandant au cheval de garder son nez sur une cible mais comme néli connaît bien le code pour baisser la tête, on fait juste comme ça.




Avec Nevada, la première séance s'est plutôt bien passée,
mais la deuxième un peu moins. Je vais probablement reprendre la cible avec elle, puis reprendre la désensibilisation au spray avec la cible.. À suivre!

Névada se prépare

Natation synchronisée
On révise la selle au clicker : aucun problème... !









On travaille un peu baisser la tête sans le licol : pour le moment c'est plutôt préparation au rollkur ;)



lundi 13 juin 2016

Petit billet d'humeur : les savoirs éthos

Ours totalement dépité, lui aussi...

Ce soir je me suis pris la tête pour ranger les exos de la méthode la Cense en paquets bien étiquetés. Je me suis naïvement demandée si je pouvais faire correspondre mes paquets avec les compétences des savoirs étho de la fédé... Bah oui, on m'avait fait comprendre que c'était déjà rédigé dans l'approche compétences. Je suis peut être trop habituée à passer des heures dans les Bulletins Officiels des programmes de collège-lycée (qui pourtant sont loin d'être parfaits), mais là, le programme des savoirs étho, c'est vraiment trop Beyrouth...

Ce soir mon petit côté ingénieure péda est totalement dépité! 

Dans la mare...

Après quasiment un mois dans un paddock de régime, Néli a retrouvé les herbes hautes, sa copine et la mare!


Trop mignonne..

Les pieds dans l'eau

Il ne lui manque qu'un oiseau sur les fesses pour la camargue!



dimanche 5 juin 2016

Désensibilisation aux grands mouvements pour Nevada

En ce moment on enchaine les petites séances avec Nevada en vue de reprendre son débourrage d'il y a deux ans. Pour le moment le coeur du programme ce sont les désensibilisations au clicker car Nevada est une jument assez sensible qui a des réactions souvent fortes.

Deuxième séance sur cet exercice, et déjà elle ne bouge quasiment plus. Elle apprend très très vite.